Comment j’ai vécu ma sélection / How happened my selection

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Je rappelle donc que je suis étudiante à l’université et que ce voyage se déroule dans le cadre d’un échange universitaire. Ce n’est pas Erasmus mais une convention bilatérale car on sort des frontières de l’Europe. Cette sélection s’est passée pendant ma 3ème année de licence pour partir en master 1.

  • Les inscriptions à la mobilité internationale

Nous avons la chance à Rennes d’avoir beaucoup beaucoup de partenariats avec des universités étrangères. Nous sommes, il me semble, la première fac proposant autant de places pour le Japon, ce qui est étonnant pour une université qui ne propose pas de licence de japonais. Les échanges sont ouverts à partir de la 3ème année de licence.

Généralement, il y a autant de candidats que de places. Un point qui rassure. Par contre, les enseignants se réservent le droit de refuser votre candidature.

Si on envisage de partir, il faut d’abord se rendre aux réunions sur la mobilité internationale (une semaine en décembre y est consacrée) pour récolter un maximum d’informations et avoir une première approche avec les enseignants et coordinateurs. Ensuite, prendre impérativement un rendez-vous avec votre coordinateur de filière (un ou plusieurs enseignant de votre filière chargé de la mobilité) pour discuter de votre projet. C’est le coordinateur qui le valide. Sans un accord favorable, vous ne pouvez pas partir. La chose la plus importante : les cours que l’on souhaite prendre à l’étranger doivent comporter des équivalences avec les cours de son cursus. Pas simple, surtout quand certaines filières n’existent que dans ton pays (coucou l’infocom !). Attention, certaines filières ne sont pas ouvertes à la mobilité au Japon (je pense notamment à la psycho). Prendre également un rendez-vous avec l’enseignante directrice du département de japonais. Elle  donnera son avis sur votre projet, donner des informations sur les universités que l’on vise (3 choix possibles) et aura un aperçu de votre motivation. Fin décembre, les candidatures sont ouvertes. On s’inscrit sur le site de l’université. Mi-janvier, on dépose notre candidature version papier au bureau des relations internationales : 3 dossiers identiques avec informations personnelles, relevés de notes depuis le bac, lettre de motivation et certificat(s) de langue(s).

  • La sélection

Début février, on reçoit un email de la directrice du département qui nous annonce que nous sommes convoqués pour la commission de sélection. Joie, confettis et cotillons.

“Vous passerez devant la commission par groupe de trois à quatre. Chacun présentera son projet en japonais (ou en français) en trois minutes. Les candidats en Arts plastiques peuvent présenter leur book pour expliquer leur motivation.”

Ok. Respire. En japonais. Ok.

Bien entendu, entre postulants on se connaît tous, autant vous dire que c’était la panique générale quand on en discutait !

Deux semaines pour préparer son oral. Avec 4h par semaine en L1 et L2 et 3h en L3, les enseignants ne s’attendent pas à un niveau de fou de notre part, MAIS il faut être bon et surtout avoir des bonnes notes en japonais. Pour préparer mon oral, je n’ai pas hésité à demander à plusieurs étudiants japonais de l’université que je visais (Okinawa était mon premier choix) pour m’aider à trouver les bonnes formulations et pour qu’ils puissent valider mes arguments. C’est bien beau de dire “je veux aller dans cette université par ce qu’il y a tel cours et telle section”, si ça existait il y a 3 ans mais plus maintenant, ça le fait moyen. (Car oui, globalement, les sites des facs japonaises ne sont pas à jour. Mais genre, pas du tout).

Le jour de la commission : nuit blanche, done. Fleurs de Bach, check. L’attente dans le couloir est affreusement longue et angoissante. Le silence est presque complet, tout le monde est très concentré et répète son par coeur dans sa tête. Au bout d’un moment, tu craque, tu dis à ton voisin que tu n’es qu’une merde, que tu le sens pas, ça va être horrible, et ton voisin qui te rassure le mieux qu’il puisse en te disant que tout ira bien. Puis inversement. “Laetitia, Adrien, Rémi, et [je sais plus qui]”. Boum, le coeur qui frappe d’un coup. J’avais des fourmillements partout, jusqu’au bout des ongles (si si). J’ai pas le droit à l’erreur. Je sais ce que j’ai à dire, allons-y Alonso! On s’installe, je suis la 3ème à me présenter. Je fais 3 – 4 phrases de présentation en japonais et là, c’est le drame. Je ne sais ni pourquoi ni comment mais d’un coup, sans prévenir, je fonds en larmes. J’étais lamentable. Pourquoi ? Pourquoooooi j’ai fait ça ? Je me détestais. J’avais envie de quitter la pièce tellement j’avais honte. Pas question d’abandonner, je continue en français. Mes phrases se mélangeaient, je tournais en rond, ma présentation n’avait aucun sens. Pourtant, j’ai toujours réussi ce genre d’épreuve. C’était la première fois que le trac m’envahissait lors d’un oral. Les enseignants m’ont posé beaucoup de questions. Leurs réactions et le ton qu’ils prenaient donnaient la forte impression qu’ils n’étaient pas convaincus du tout par ma motivation. En fait, le gros problème dans l’histoire étaient mes notes de japonais. J’étais trop moyenne. C’était insuffisant pour penser que j’étais motivée à partir. Dans un sens, c’est pas faux. Je comprenais leur raisonnement. Mais j’avais des raisons à cela : j’avais deux jobs étudiants qui empiétaient sur mes cours. J’avais du mal à rattraper mes cours infocom et le japonais. Donc mes notes étaient en baisse. Quand on passe de 15 de moyenne en L1 à 10 en L3 ça fait mal…

Mais tout est bien qui fini bien. Fin de la torture, les enseignants nous convoquent  dans la salle pour annoncer que tout le monde est sélectionné. Félicitations tout le monde ! Jusqu’à ce que l’on m’appelle pour me donner mon affectation, je croyais dur comme fer qu’ils m’ont appelé avec tout le monde par politesse ^^’ On me propose Oita à la place d’Okinawa car le programme de l’université correspondait plus à mon projet. J’accepte sans hésitation. Tellement que j’étais soulagée et heureuse de la décision, je n’avais plus aucune pensée dans ma tête. A tel point que lorsqu’on m’a demandé d’indiquer mon numéro de téléphone sur une fiche, je l’avais oublié !

Les enseignants souhaitaient tout de même que je remonte mes notes au dernier semestre. Ils ont même posé ça comme une condition pour me laisser partir. Bah oui, c’est risqué d’envoyer un de ses étudiants avec un niveau trop moyen. Chaque enseignant était référant d’une ou plusieurs universités. Mon enseignante de cours d’oral et référente d’Oita s’est gentillement proposée pour me donner des cours particuliers afin que je rattrape les cours auxquels je ne pouvais assister. Mon travail avec elle et mon travail personnel ont porté leurs fruits et j’ai effectivement bien remonté ma note au dernier semestre  🙂

  • En résumé, pour partir il faut :

– Un projet professionnel et savoir le défendre

– Des bonnes notes en japonais

– Un certificat d’anglais (attestation délivrée par un enseignant d’anglais ou TOEIC ou TOEFL selon les exigences des universités visées)

– Montrer une grande motivation

– Trouver des équivalences avec ses cours (la volonté des coordinateurs est que vous validiez votre année dans le pays où vous allez passer votre année)

– Prendre rendez-vous avec son coordinateur et les enseignants de japonais (un avec la directrice du département, un avec l’enseignant référant de l’université visée

– Réussir son année

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ENGLISH

We have the chance in my uni to have a lot of partnerships with foreign universities. I think that my uni is, in France, the one with the most partnerships with Japan. It may be surprising for an uni without Japanese degree. Exchanges are opened from 3rd year.

There are generally as many candidates as free places. First, we have to go to meetings if we plan to go abroad. My university devotes one week in December in order to give some information to students. It is necessary to meet professors and coordinators. Then, we really must to fix an arrangement with a professor and our faculty’s coordinator with the aim of talking about our project. The coordinator must to give the green light to our project. Without that, we cannot go abroad. One very important thing is that chosen courses must be equivalent to our home university’s courses. It isn’t easy, especially when some courses don’t exist anywhere else (hi there! my speciality “infocom”!). Some faculties are not opened to exchanges in Japan (“Psychology” for example). After having made appointments with Japanese language professor and our coordinator, we can enroll in desired universities at the end of December. And in the middle of January we can submit a file to international office. Three identical files with : application form, transcript of grades, cover letter, ID photos.

  • The selection

At the beginning of February, we get a convocation for selection commissions. Joy, streamers and confetti.

“You will take the selection commission in group of 3 or 4. Each of you will introduce his project in Japanese (or in French) during 3 minutes.”

Ok. Take a deep breathe. In Japanese… Ok. Panic reaction with candidates!

We had a couple of weeks to prepare for the exam. We must be good in Japanese and have a good mark. To prepare for the oral exam, I didn’t hesitate to ask for help some Japaneses students in my university. They had a very helpful attitude and assisted me with my researches.

Day of selection commission : sweet white night! Waiting in the hall was interminable. Everybody was concentrating, stony silence. I was worried. Worried to fail. When professor calls “Laetitia, Adrien, Rémi [and I don’t remember who]”, my heart failed me. I had pins and needles up the tips of my nails. Well, Allons-y Alonso ! I was the third to introduced myself. After a few sentences in Japanese, I failed. I completely broke it. I don’t know why I broke down in tears. I felt stupid. I was pathetic. Why ? Whyyyyyy I did that ? I wanted leave the room, I was ashamed of myself. I ended up continuing in French. Impossible to give up. My sentences mixed into my head and I went round and round in circles, nothing was making sense. Though I have never failed oral exams. The teachers asked me several questions about my project. A chance to put things right.

Torture was over, the professors called us in. Everyone pass the exam. Everyone can go to Japan! I didn’t believe it. I thought they called me out of courtesy ^^’’. I originally chose the university of Okinawa but my professors proposed Oita University because courses were better aligned with my professional project. I was very glad to hear that I can go abroad. When the professors requested my cellphone number, I had forgotten it! Because I couldn’t believe my dream was going to come true.

As I had a part-time job, I couldn’t take all courses during the rest of the semester. My professors didn’t really like it. I missed classes a lot of times but I had no choice. So, one of my Japanese teacher intended to give me private lessons when I was free. Those borne fruits, thank to her I had better grades!

  • To recap, to go abroad we need:

  • a professional project
  • good grades in Japanese courses
  • a great motivation
  • to find equivalences between courses
  • to pass the exams
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