Le début d’une nouvelle vie (Partie 2)

Une fois dans le hall de l’aéroport de Fukuoka j’ai foncé vers le point info pour demander où se trouvait le métro. J’ai pu m’exprimer directement en japonais mais la personne m’a répondu en anglais. Soit je prenais une navette pour aller au terminal 2, l’endroit où se trouvait le métro, soit je prenais le bus jusqu’à Hakata (la gare de Fukuoka). Comme le bus était plus long, j’ai pris la navette + métro.

Arrivée au métro, je suis allée m’acheter un ticket. On ne peut pas payer par carte. Je suis retournée à l’aéroport pour retirer de l’argent. J’ai demandé conseils à deux femmes de l’aéroport et elles ont pris le temps de m’aider. L’une d’elles m’a accompagné jusqu’au métro pour acheter mon ticket et le valider. Elle m’a très bien expliqué la direction que je devais prendre donc aucun mal à trouver. Une fois descendu à Hakata, je me suis dirigée vers les guichets pour acheter mon billet de train. Il faut savoir que j’étais très en retard. A la base, je devais prendre mon train à 16h57, Shoya (mon tuteur) m’attendait pour 19h06. Mais il était 17h passé lorsque j’ai pris mon billet de train. En effet, avec le retard d’avion, j’ai atterri à Fukuoka entre 15h et 16h et je n’avais aucun moyen de contacter Shoya jusque là. La dame du guichet était jeune et m’a donné de très bonnes explications. J’ai payé mon billet 5050 yen ce qui équivaut à 45€ environ pour un siège non-reservé, à 17h57. Arrivée sur le quai j’ai pu m’asseoir et me connecter au wifi. J’ai enfin pu prendre le temps de donner des nouvelles. Tout le monde s’inquiétait. J’avais promis de donner des nouvelles une fois arrivée à Pékin mais  je ne pouvais pas. J’ai pu prévenir Shoya de mon arrivée qui était à 20h.

Le trajet s’est très bien passée, je me suis endormie très vite dans le train. Arrivée à Oita, j’ai rejoint Shoya qui m’attendais dans le hall. On s’est tout de suite reconnu. Il est venu me chercher en voiture accompagné de son colocataire. Ils m’ont emmené à mon dortoir. J’ai un appartement assez spacieux et bien équipé ! J’ai même un balcon avec une machine à laver ! J’ai même un petit four ! J’ai un vrai lit ! Et, oh! J’ai une baignoire et elle est super profonde !!

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Photo prise le lendemain. La vue depuis mon balcon.

On a déposé mes affaires et ils m’ont proposé de manger chez eux. Après tout ce temps sans manger et sans aucune nourriture sur moi, j’ai forcément accepté ! Ils avaient prévus une soirée entre amis. J’ai donc rencontré 10 étudiants japonais et coréens. Shoya m’a servi une bière bien fraîche et on a mangé des galettes coréennes. L’ami coréen de Shoya en a fait plein, on dirait qu’il n’allait jamais s’arrêter de cuisiner ! En plus, c’était trop bon ! Mais je n’avais finalement pas très faim à cause de la fatigue.

J’étais le centre d’attentions de la soirée. Je n’avais pas le temps de m’asseoir qu’on me posait déjà pleins de questions, haha. Une fille voulait dire des mots en français mais comme elle ne connaît pas la langue elle se limitait à “Bonjour” “Pomme” “Je vais bien merci” et d’autres petits mots comme ça. C’était rigolo. On a discuté et mangé jusqu’à minuit environ. Shoya a fait une année d’études à Rennes et parle un peu français. Plus on parlait, plus les mots lui revenait. Il se sentait nostalgique de la France. La soirée était très sympa mais j’étais morte de fatigue. Je n’avais pas dormi depuis 24h. J’ai pu profiter de la connexion wifi pour donner des nouvelles et discuter avec Maxime. Pour rentrer, j’ai pris un taxi avec une étudiante coréenne qui vit dans le même dortoir que moi. Elle m’a prêté sa box wifi pour me connecter à internet. (Il faut en acheter une pour se connecter au wifi du dortoir)

J’ai été très bien accueilli par les japonais. Ils sont d’une gentillesse et d’une hospitalité remarquables. Ils parlent anglais donc pour la compréhension c’est plus facile que ce que je pensais (mais ça reste parfois dur de se comprendre parfaitement). A mon arrivée, Shoya m’a acheté du papier toilette, du gel douche, du shampooing, de l’insecticide, des mouchoirs et des sacs poubelles. TROP GENTIL !!

En allant me coucher, je voulais discuter via Skype avec Max. Mais impossible de me connecter. Je ne trouvais pas la prise pour brancher le câble. J’ai complètement craqué. Il était à peu près 2h, il fallait que je dormes. J’ai laissé tomber l’idée de me connecter à internet et je me suis couchée. Impossible de fermer les yeux. Mon cœur battait à fond. J’avais du mal à respirer. J’avais hyper chaud. Mon cœur battait de plus en plus fort. Lorsque je me levais pour marcher et ouvrir la fenêtre, ma tête tournait. Je me suis rallongée et j’ai fondu en larmes. Je voulais retourner en France. Je me disais que j’ai fait une grosse erreur de partir un an. Je me demandais qu’est-ce qu’il m’a pris de faire ça. Je voulais retourner chez moi, en France, dans un environnement que je connaissais, auprès de ma famille, de Maxime et de mes amis. Je voulais parler français et je pensais que je serai incapable de tenir un an en parlant japonais et anglais. Que je ne comprendrai rien à la fac. Que je serai perdue. En plus il n’y a aucun étudiant francophone à Oita cette année. J’avais beaucoup de haine envers moi. J’étais complètement paniquée.

Je me suis levée, j’ai pris mon ordinateur portable pour rejoindre le “lobby” (la pièce commune). Comme je n’avais pas fait de visite du dortoir, je ne savais pas où il était. En parcourant les couloirs, j’ai vu une chambre allumée. J’ai toqué à la fenêtre (oui la fenêtre donne sur le couloir pour cet appartement!). “すみません、ロビー はどこですか。” (“Excusez-moi, où se trouve le lobby ?”). La personne répond et ouvre la porte : c’était Soomin, l’étudiante coréenne qui avec qui je suis rentrée en taxi !! Elle m’a dit qu’il fermait à 22h. Comme j’étais dans un état d’angoisse totale, elle est venue m’aider à connecter sa box dans mon appartement. Elle a réussi ! J’ai pu me connecter à Skype et discuter avec Maxime. J’ai beaucoup beaucoup pleuré. Mais c’était un gros soulagement. Soomin est revenue, elle m’a apporté du  thé et un parapluie pour le lendemain. Elle est tellement adorable. Elle m’a pris dans ses bras et m’a rassuré en me disant qu’elle est passée par là elle aussi. Le choc est terrible au début mais en allant à l’université et en rencontrant d’autres étudiants ça va beaucoup mieux après. Ça fait 5 ans qu’elle étudie à Oita et parle couramment japonais. Je me suis couchée à 6h. Voir Max, parler avec lui et discuter avec mes amis m’a fait énormément de bien. J’ai dormi jusqu’à 14h et au réveil, tout allait mieux.

Je m’attendais à ce que ce soit difficile, mais je ne m’attendais pas à un tel choc. On se remet tout en question, sur soi, sur sa survie dans un pays loin avec fonctionnement différent. On se sent seul. On se sent nul. Tout va très vite dans ma tête. Ce ne sont plus les cours de japonais à l’université. Dans la vrai vie, on n’a pas le temps de chercher les mots dans un dictionnaire (enfin, j’avoue que le dictionnaire électronique japonais est très pratique ! Mais ça passe dans des contextes plus posés, plus cool). Il faut pouvoir se débrouiller avec ce qu’on a, avec son niveau, son calme, sa différence et sa patience.

Le premier jour

Aujourd’hui, le mardi 27 septembre, je suis allée rendre le mug et le thermos à Soomin. Comme je ne pouvais pas brancher la prise de mon pc portable sur mon adaptateur de prise (les prises de courant ne sont pas les mêmes qu’en France), je lui ai demandé où est-ce que je pouvais acheter un adaptateur adéquate en montrant mon câble. Elle m’en a donné un. Cette fille est absolument géniale !

Je suis sortie faire des courses dans un konbini (petite supérette japonaise). Il n’est pas loin du tout, c’est facile pour y aller. Sur ma route, je suis passée devant un restaurant français l'”Aubergine” 😀

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Dans le konbini, c’était la caverne d’Alibaba ! Tous les produits qu’on cherche en France sont là ! J’avais envie de tout prendre ! Mais je n’ai pas de micro-ondes ni de casserole ni de poêle. J’ai donc pris des plats froids et un banh bao servi chaud à la caisse. Pour des gobelets, des assiettes en carton, des baguettes, des cuillères, un bento, une salade, une boisson à la pomme, du pain de mie, une glace au riz (je crois) et fruits, un smoothie aux légumes, un pancake “fuwa” (un gros pancake épais et moelleux), deux sandwich et un banh bao au curry et fromage, j’en ai eu pour 25€

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J’ai aimé cette petite excursion. Je regardais partout autour de moi, tout m’impressionnait. Mais une chose me gênait : je suis étrangère, alors tout le monde me regardait et était très poli avec moi. Un truc rigolo, j’attendais pour traverser une rue, il y avait une voiture qui attendait pour tourner au carrefour. Lorsque la conductrice m’a vu, elle s’est excusée mille fois en hochant bien la tête comme si elle avait fait quelque chose de mal. J’ai répondu par des gestes pour dire que ce n’était pas grave et en souriant mais elle continuait à s’excuser tout en conduisant. En France, on te fait un fuck ou bien on se fait tailler un short…

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Un petit aperçu des rues sur le chemin du konbini

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Un petit aperçu des rues sur le chemin du konbini

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A côté du distributeur de boissons, un distributeur de cigarettes! “Tabako”

Une fois rentrée au dortoir, je n’ai plus quitté ma chambre. Repos. Demain je retrouve Shoya pour visiter la ville et faire les magasins.

Et ça c’est mon dortoir :

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