Week 1- Une semaine de passée au pays des onsen

En subissant ma salade d’algues, légumes à la sauce bave d’escargot, je me rends compte aujourd’hui que ça fait une semaine que je suis arrivée au Japon. Autant vous annoncer la couleur tout de suite, cette semaine n’était pas facile pour moi.

Après ma crise d’angoisse du lundi soir, je pensais qu’avec du repos ça passerait. En réalité, ça a persisté. Il m’était impossible de faire des nuits complètes.

Du mardi au jeudi soir (ou plutôt vendredi matin), je passais mes journées avec l’estomac noué. Lorsque je me couchais, j’explosais en larmes. Je voulais absolument rentrer chez moi. Je pensais à écourter mon séjour, rester 6 mois au lieu d’un an. Ce n’était pas vivable. J’avais mal au ventre, la respiration coupée, le cœur qui battait à mille à l’heure. Je ne pouvais manger grand chose, j’avais l’appétit coupée à chaque fois que je prenais un repas. Ça faisait affreusement mal. Je ne me voyais pas vivre cet enfer plus longtemps, j’avais l’impression que mon corps me ferait souffrir éternellement. La seule et unique chose qui me calmait, était de parler avec Maxime. Alors de 2h à 6h du matin il tentait de me raisonner, de me calmer. Et ça fonctionnait, j’avais juste besoin de lui, de l’entendre me dire qu’il était fier de moi, que j’avais tord de vouloir rentrer, que les raisons pour lesquelles je suis dans cet état-là sont dues au décalage horaire, à la fatigue accumulée depuis plusieurs jours. Que lorsque je commencerai les cours tout ira mieux. Il me soutient énormément et ça me donne de la force. Et il n’est pas le seul. Je suis quelqu’un qui a ce besoin de communiquer énormément lorsque ça ne va pas. J’ai envoyé plusieurs messages de détresse à mes amis et à ma famille comme si c’était mon ultime espoir de survie, la douleur n’était plus vivable. J’ai été agréablement surprise de voir que beaucoup me soutiennent, m’encouragent à continuer de vivre cette expérience et suivent mon voyage de très près. Tous ces messages privés, ces commentaires de soutien sur Facebook… Merci les amis, la famille, vous êtes extraordinaires ! Mes parents ont été tout de suite disponibles. Je ne voulais pas les inquiéter mais je n’en pouvais plus, j’avais besoin de leur en parler. Je suis contente de les avoir sur Skype. On a jamais eu l’occasion de beaucoup s’appeler, jamais sur Skype lorsque je suis partie en études. Ce voyage renforce nos liens familiaux et ça c’est une chose qui est très précieuse pour moi.

2016-10-05-00-23-34Le mercredi après-midi, Shoya  est venu me chercher pour me faire visiter le centre-ville, faire des courses au “100-yen shop” un grand magasin style “tout à 1€” très pratique car on y trouve tout ce dont on a besoin pour pas cher. Il a également fallu me déclarer à la mairie en tant que résidente d’Oita. Je n’y comprenais absolument rien mais je me suis laissée guider. Heureusement que Shoya était là !! Ici, ils ne signent pas mais ont un cachet à leur nom. Shoya m’a fait faire mon propre tampon à mon nom pour quelques yens. C’est grave stylé ! Mais ça ne m’a pas servi…

J’avais ma pré-rentrée le jeudi 30 septembre matin. Je me rendais à l’université pour la première fois. Bah c’est pas simple. Il y a beaucoup de lignes de train, ce n’est pas facile de s’y retrouver. Je n’ai pas hésité à demander de l’aide autour de moi, que ce soit pour acheter le bon ticket (car le prix est différent selon l’arrêt), pour me diriger sur le bon quai, prendre le bon train. En montant, j’ai repéré des européens venant de mon dortoir, je suis restée avec eux. C’étaient deux hongrois accompagnés de leur tutrice. J’étais soulagée de pouvoir suivre des personnes allant dans la même salle que moi. L’université se trouve dans une montagne. Lorsqu’on emprunte le chemin depuis la gare, ça ne fait pas du tout campus de rêve, haha. Il y a beaucoup de végétation, beaucoup d’insectes et quelques vieux bâtiments tout autour. Par contre, niveau dépaysement on est en plein dedans ! J’aime bien, par ce que ce n’est pas hyper moderne et j’ai vraiment le sentiment d’être partie au bout du monde. En réalité au cœur du campus c’est pas si miteux que ça. Au contraire les bâtiments et les allés sont propres.

2016-10-03 15.19.02.jpg

Une partie du chemin entre la gare et l’université. Ici en talons PLUS JAMAIS !

L’université nous a très bien accueilli. Ils nous ont donné beaucoup de documents pour nous informer des démarches administratives importantes à faire en priorité en tant que résident étranger (se déclarer à la mairie, souscrire à l’assurance santé japonaise si on n’est pas correctement couvert, s’inscrire à la banque,…). Pour ma part, je ne souscris pas à l’assurance japonaise car j’ai la mutuelle internationale de la LMDE et je ne m’inscris pas à la banque car je n’ai pas besoin de l’assurance japonaise et je ne compte pas souscrire à quoi que ce soit. Une fois les présentations faites avec les enseignants et le personnel, nous sommes passés au test de placement de niveaux. Un écrit dont le niveau était progressif et un oral plus relax en mode petits groupes avec un prof. Les résultats étaient affichés le lendemain. Ce jeudi, je ne me sentais pas bien du tout. Mon niveau d’anglais à l’oral n’est pas bon alors communiquer avec d’autres personnes me fait terriblement angoisser. Une étudiante finlandaise tentait d’établir le contact avec moi, on a mangé ensemble mais la pauvre…entre la fatigue, le stresse et mon niveau tout nul, je n’étais pas de bonne compagnie ^^’ Ce soir là que j’ai explosé. Trop d’informations, trop de japonais, trop d’anglais, trop de démarches, trop de choses dont je n’en comprenais pas toujours le sens. Je me sentais seule face à tout ça. Complètement écrasée par tant de difficultés. Je me raccrochée à ce que je pouvais c’est à dire à mon pc portable pour être en contact avec Maxime, ma famille et mes amis. C’était mon seul moyen de libération.

Le lendemain matin, je devais me lever tôt. L’université rassemblait une nouvelle fois les étudiants étrangers et leur tuteur pour créer notre compte sur le réseau de la fac (le compte “sésame” comme on le connaît à Rennes). Nous avons également eu une réunion qui consistait à nous informer de la vie quotidienne au Japon et à Oita. Ils nous ont distribué un tas de documents et brochures très utiles pour être sûrs qu’on ne manque aucune information. La journée s’est terminée par une visite médicale avec examination du thorax au rayon X, oui, au cas où celle qu’on a fait avant de s’inscrire à l’université soit fausse, ou qu’on ait choppé la tuberculose entre temps… Ce midi j’ai mangé avec Shoya. Je me sentais déjà plus détendue. J’ai rencontré ses potes de fac avec qui j’ai discuté pendant une bonne heure en attendant l’heure de la visite médicale. Ils étaient super sympas ! Il y avait un vrai échange culturel, je me sentais beaucoup plus à l’aise. J’ai même réussi à me débarrasser de cette saleté de boule au ventre. J’ai passé une meilleure soirée, fini les angoisses.

2016-10-03 15.25.23.jpg

Monsieur le concierge.

J’ai profité du weekend pour visiter la ville seule, à mon rythme. En retournant chez moi, j’ai croisé une ancienne étudiante de Rennes qui travaille maintenant pour Oita. Je l’avais déjà contacté avant mon départ. Et là se trouvait la plus improbable des situation… elle discutait avec un ancien étudiant de RENNES AUSSI ! Le tout premier étudiant français à Oita qui revient en working-holiday ! C’était l’occasion de discuter en français, de la fac d’où l’on vient, des personnes que l’on connaît, de partager nos expériences… Je suis rentrée apaisée.

This slideshow requires JavaScript.

Les cours ont commencé le lundi 3 octobre. Ici, on choisi ses cours. On a le droit à 7 cours minimum. Il y a 4 cours de japonais. J’ai pris en plus un cours de communication interculturelle, un cours d’Hisoire, Société et Culture, un cours sur les réseaux sociaux et un cours d’études des manga ! Je ne me charge pas car je suis parfaitement certaine que mon université ne me validera pas mon master. Elle ne l’a pas fait pour les autres étudiants malgré leurs excellents résultats je ne vois pas pourquoi ils le feront exceptionnellement pour moi… Comme je ne parle pas couramment anglais, je préfère prendre le minimum pour avoir plus de temps de travailler mes cours chez moi. J’ai choisi tout de même les cours en concordance avec ma filière pour élargir mes connaissances et compétences dans le domaine. Je n’ai eu qu’un seul cours ce lundi. L’enseignante est très dynamique, très gentille et très drôle. Vu le programme qu’elle nous a annoncé pour ce cours d’Histoire, Société et Culture, je pense que ce sera très intéressant. On a démarré par un petit quizz de connaissances complètement à la cool. Elle nous disait qu’elle était le genre de prof à donner des point bonus, et, pour la petite anecdote, je ne comprenais pas “bonus point” au début mais “bonasse point”… Moment de solitude… mais ça m’a beaucoup amusé. Dommage, je pouvais même pas partager ça avec un autre étudiant francophone.

2016-10-04-10-19-58

J’ai fini le cours très tôt dans l’après-midi, ce qui m’a permis de faire un tour dans le grand centre commerciale de la gare. Il y a énormément de boutiques, c’est impressionnant. Et surtout, SURTOUT, un Pokemon Store, une boutique Sanrio et un “Kiddyland” la boutique du kawaii et de Disney. J’étais aux anges hahaha. Je me suis un peu lâchée mais ça m’a fait du bien. Pour les vêtements, je n’ai pas pris trop de risques, je suis allée faire mon shopping chez H&M… Mais un truc très étrange… je mets du S ! Voir du XS ! C’est incroyable ! En France je porte du M et du L selon les vêtements. Je pensais que je n’arriverai pas à m’habiller au Japon mais c’est totalement faux ! (Bon ok, j’étais chez H&M…).

2016-10-03-20-02-37

Mes premiers petits achats, bon stop maintenant ! (H&M, Pokemon Store, Sanrio, Kiddyland)

J’en viens à aujourd’hui, ce mardi 04 octobre, qui s’est très bien passé. J’ai eu deux cours, mon premier était le cours de japonais et l’autre le cours de communication interculturelle. Au test de placement j’ai été placé au niveau 1 (débutant). J’étais assez vexée en voyant les résultats… Mais en allant m’inscrire aux cours avec Shoya, on m’a dit que je pouvais tester les cours de niveau 2 et si ce n’est pas difficile, je pourrais l’intégrer avec un nouveau test de placement. Je suis donc allée au cours de japonais de niveau 2 et c’était totalement mon niveau, là où je me suis arrêtée en licence. Hors de question de revoir l’écriture des hiragana et katakana, je dois rester au niveau 2 ! En plus je participais sans aucun mal. Le prof est génial ! Le cours était très ludique, on a revu les présentations et un point de grammaire (la forme en “te” pour les connaisseurs ;)). Le prof a mis en place des petits jeux : un jeu de mémorisation et répétition comme le jeu “j’ai dans ma valise” mais en disant ce qu’on a fait le matin, une compétition entre 2 groupes où il fallait écrire le plus de verbes conjugués possible au tableau, recueillir des informations sur nos camarades de classe. J’ai beaucoup aimé ce cours. Et je me sens au même niveau que mes camarades. Le cours de communication interculturelle est tenue par la même prof du cours d’Histoire, c’était bien aussi. De même, on s’est présenté à la classe et à notre prof. Elle cherchait à savoir si on a connu des difficultés dues au choc culturel, ce qui nous a surpris au Japon, si on s’est fait des amis… Notre intégration parmi les autres étudiants, dans l’université et à Oita est une chose très importante pour les enseignants. Ils veillent à ce que l’on se sente bien. Ils nous répètent que, s’il y a quoi que ce soit, ne surtout pas hésiter à leur demander de l’aide. C’est très rassurant. Je me sens moins larguée au milieu de nulle part. Même s’il y a la barrière des langues, on arrive toujours à se faire comprendre. Le corps enseignant et les étudiants japonais sont aux petits soin avec nous. Ils n’abandonneront pas tant qu’on n’a pas eu ce qu’on voulait. Un exemple, j’ai demandé un justificatif de domicile pour pouvoir bénéficier d’un tarif étudiant sur les transports. Mon interlocutrice ne me comprenait pas car elle ne parlait pas anglais (et moi et les explications en anglais… BON). Un étudiant japonais est vite venu à mon secours car il a vu que j’étais en difficulté. Alors qu’il était en plein travail de groupe, il a tout arrêté pour m’accompagner jusqu’au bureau qui donne ce justificatif. Il m’a même emmené jusqu’à ma salle de cours après. Il était très à l’aise en anglais donc il pouvait se le permettre. Mais trop gentil le type !  Grâce aux cours, j’étais un peu plus confiante et j’ai commencé à aller vers les autres étudiants de mon programme. Ils ont tous l’air sympas, je suis impatiente d’être à la “Welcome Party” pour discuter avec eux dans un contexte plus festif. Si vous voulez connaître les différentes nationalités, il y a des étudiants d’Angleterre, d’Allemagne, des Etats-Unis, de Finlande, des Pays-Bas, de Hongrie, des pays Baltes, des Fidji, de Singapour, de Chine, de Corée et de Mongolie.

Je pense qu’à partir de maintenant je vais faire deux sortes d’articles : un ou deux articles “bilan” dans le mois et des articles plus court, à thèmes. Des choses surprenantes, croyez-moi, j’en ai vu pas mal 😀 

2016-10-05 00.24.25.jpg

Et bon appétit…! berk.

Advertisements

9 thoughts on “Week 1- Une semaine de passée au pays des onsen

  1. Wah le sac à l’air super stylé ! (j’aime beaucoup les sacs je pourrais en acheter des dizaines si je ne m’arretais pas ahaha)

    En tout cas contente de voir que ça va mieux pour toi ! Dis toi que tu n’as rien à perdre à part une année scolaire sur ton cv mais tout le monde s’en sort même moi avec mes 3 ans dans le vent et en plus tu es à l’étranger donc c’est loin d’être perdu.

    Continue de kiffer et j’attends les prochains articles avec impatience !

    Like

  2. Content de voir que le début des cours et la rencontre de ces différentes personnes t’a libérée un peu des angoisses qui te minaient. J’espère que ça va continuer dans ce sens là !

    En tout cas merci de prendre le temps de tenir le blog pour donner de tes nouvelles (et prochainement pour faire découvrir des trucs !).
    Et merci aussi pour le ボーナスポイント qui m’a fait marrer comme un con devant mon écran. 😀

    Like

  3. ton starter c’est bulbizarre ? ya carapuce quoi !

    bon sinon jsuis content de lire ces lignes, t’as passé le plus dur. juste kiffe la life, osef du reste. passe des 33 a pop’n et tu peux rentrer en france :).

    continue de nous mettre le gwak avec tes peluches et vetements la …

    Like

  4. Je suis contente de voir que tu reprends du poil de la bête !

    J’ai hâte de lire d’autres aventures. Tu as été très courageuse de franchir ce cap ! En 7 ans de fac, j’ai jamais osé, de peur de l’éloignement.

    Love!

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s